La ballerine.
Elle pose, rigide sur sa tige,
Attends que le ressort exige,
De sa musique cristalline,
Que s’éveille la ballerine.
Du bout de ses chaussons rose,
Toucher le sol elle n’ose,
Car elle connait son destin,
Tourner sur elle même sans fin.
Quand la boite s’ouvre, elle s’anime,
Elle tourne, tourne son triste mime,
Elle voit bien quand elle y songe,
Que l’existence n’est que mensonge.
Elle crie dans le silence,
L’impossible évidence,
L’immobile existence,
D’une poupée de faïence
Dans sa spirale infinie,
A son manège assujetti,
Elle croit apercevoir,
Quelque chose dans son miroir.
Elle attend et désespère,
Dans sa course délétère,
Que chacun de ses tours,
Lui apporte enfin l’amour.
Ombre sur l’étagère,
Le cœur en montgolfière,
Soldat de pacotille,
A l’amour banderille,
Je rêve de la toucher,
De la bruler d’un seul baiser,
J’exhorte mon corps d’étain,
A devenir enfin humain.
Sa peau presque opaline,
Mes ombres la
dessinent,
Et ses yeux en aquarelle,
Me hante et m’ensorcelle.
Mais mon cœur de plomb,
Dans sa boite en carton,
Figé à tout jamais,
Pleure mille regrets.
Didier.
