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La ballerine.
Elle pose, rigide sur sa tige,
Attends que le ressort exige,
De sa musique cristalline,
Que s’éveille la ballerine.
Du bout de ses chaussons rose,
Toucher le sol elle n’ose,
Car elle connait son destin,
Tourner sur elle même sans fin.
Quand la boite s’ouvre, elle s’anime,
Elle tourne, tourne son triste mime,
Elle voit bien quand elle y songe,
Que l’existence n’est que mensonge.
Elle crie dans le silence,
L’impossible évidence,
L’immobile existence,
D’une poupée de faïence
Dans sa spirale infinie,
A son manège assujetti,
Elle croit apercevoir,
Quelque chose dans son miroir.
Elle attend et désespère,
Dans sa course délétère,
Que chacun de ses tours,
Lui apporte enfin l’amour.
Ombre sur l’étagère,
Le cœur en montgolfière,
Soldat de pacotille,
A l’amour banderille,
Je rêve de la toucher,
De la bruler d’un seul baiser,
J’exhorte mon corps d’étain,
A devenir enfin humain.
Sa peau presque opaline,
Mes ombres la
dessinent,
Et ses yeux en aquarelle,
Me hante et m’ensorcelle.
Mais mon cœur de plomb,
Dans sa boite en carton,
Figé à tout jamais,
Pleure mille regrets.
Didier.

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Jazz
Un air de jazz déambule,
Comme un triste noctambule.
Au fond de mon verre,
Pétillent encore quelques bulles.
Il faut que je quitte ce bar,
Ou le piano joue bien trop tard.
Je demande un dernier verre,
A un serveur dans le miroir.
Dehors la rue m’attend,
Humide et froide en arrière plan.
Les lampadaires jouent sur mes verres,
Eclaboussant de mille diamants.
Tiens, je crois bien
qu’il pleut,
Des gouttes tombent
du haut des cieux.
D’un geste rageur j’essuie mes verres,
Le long de mes joues coulent mes yeux.
Un air de jazz qui se traine,
Comme une musique cubaine,
Je voudrais boire encore un verre,
Y noyer illico l’atroce
migraine.
Tourne la clé, pousse la porte,
Les pièces vides vont en cohortes.
Sur la table basse traine un verre,
A coté dort un mot en
feuille morte.
L’écriture y est fine
et si légère,
C’est la tienne mon intime étrangère.
Dans le reflet clinquant du verre,
Brille ta colère, ciel à l’envers.
Je ne lis que quelques mots,
Les derniers, oui c’est idiot.
Puis vide le fond de verre,
Quitte la pièce, puis
le studio.
La gare, le train puis le wagon,
A ton départ, des tas de raisons,
Dans ma poche non pas de verre,
Mais tes mots en
confession.
Didier.

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Une larme.
Une larme coule, trace son chemin, instant d'amour salé au creux de ton chagrin.
Une larme scintille à l'orée d'un regard, animal à coquille, colimaçon des espoirs.
Une larme s'étire, traçant sur ma peau, dans un dernier soupir, l'aube du jour nouveau.
Didier

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Esquisse.
Et me voici,
Recroquevillé dans un coin de mur,
Griffonné, tout plein
de ratures,
Comme un mauvais croquis, un brouillon,
Quelques trais crachés au bout du crayon.
Coincé dans les carreaux de ton cahier,
Essoufflé, pouvant à
peine bouger,
Je vois s’approcher l’horrible spirale,
De ton cœur qui pour un autre s’emballe.
Quelle solitude pour mes quelques traits,
C’est sans doute la couleur qui te manquait,
Pourtant, si ton cœur m’a donné vie,
Il s’est servi pour ça d’un crayon gris.
Voila peu encore, je pouvais danser,
Danser pour toi la
joie de t’aimer,
Frotter mon esquisse à ta douce peau,
Glisser mon cœur a la pointe du stylo.
Voila, je pouvais mais ne peut plus,
Car tes yeux ne me regardent plus,
Ton crayon soudain s’est arrêté,
Comme si tu cessais de m’aimer.
Recroquevillé dans un coin de mur,
Griffonné et tout plein de ratures,
Je verse des larmes de graphite,
Car mon amour me quitte.
Didier.

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Pour un ange.
Tu es mon Ange, Ma douce lumière. Cou de mésange, Et corps de lierre.
Quand tu m'enlace, Quand tu m'enserre, Mes doutes s'effacent, Ma route s'éclaire.
Tu es mon Ange, Ma douce lumière. Un rêve étrange, Sous mes paupières.
Petit oiseau Au corps de femme, Comme un roseau Au coeur de liane.
Tu es mon Ange, Ma douce lumière. Quartier d'orange, Saveur amère.
C'est sur ma langue, Je dois le dire, Que voguent et tanguent, Tous tes soupirs.
Tu es mon Ange, Ma douce lumière. Tu es mon ange, Mon doux mystère.
Didier.

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Poésie
Parfois l'hiver, quand vient le soir, que le vent souffle au désespoir, j'aime à m'assoir devant le feu, pour vous écrire un vers ou deux.
Je pose des pleins, des déliés, sur la vièrge blancheur du papier. Je les rature et les torture, pour qu'ils soient beaux à la lecture.
La douce ambiance qui m'invite, les flammes de l'âtre qui crépitent, instant de temps presque immobile, où ma pensée étire ses fils.
Posté prés de la cheminée, un meuble en bois de merisier, les doigts du temps l'ont patiné les flammes s'y reflètent à leur gré.
les yeux perdus dans mon ailleurs, à l'heure où dorment tous les veilleurs, comme l'hirondelle vient au printemps les mots se melent en doux amants.
Un peu de moi, un peu de vous, rien qui puisse vous rendre jaloux. Puis, je referme le cahier, laissant enfin les mots s'aimer.
C'est ainsi que nait la nuit, ce que l'on nomme poésie. Juste l amour de quelques mots que je vous offre comme un cadeau.
Didier.

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Chut !
Stop! Arrêtes toi un instant,
La, oui juste là, ne bouge plus,
Ne trouble pas le silence, maintenant
Ferme tes paupières, chuuuut...
Rejoins-moi, laisse tes yeux clos
Et regarde par les miens.
Tu vois, tu vois le monde ?
Regarde, tu es la, au milieu.
Vois comme tu brilles,
Vois comme tu illumine mon âme,
Et ce petit tic de la lèvre la, tu sens
Comme il fait chavirer mon cœur.
Chut ! Écoute le tien maintenant,
Il bat, il bat écoutes encore,
La, c’est le mien qui bat aussi.
Tu vois comme ils se complètent
Tu sens l’émotion qui m’envahit
De te voir si belle, si vivante,
C’est cela que je t’offre aujourd’hui,
L’amour que j’ai pour toi mon amour.
Une vision de moi, de toi,
Offrande de l’intime essence,
Quelqu’un t’a-t-il déjà vu plus belle,
Sens comme mon être t’appelle.
C’est mon cadeau pour toi...
Maintenant tu as vu à l’intérieur,
Tout est à toi, tout n’est que toi
Maintenant tu sais pourquoi.
Pourquoi, nous sommes à nouveau deux,
Tellement si proches et si lointains,
Tellement ensemble et si seuls
Tellement mal et si heureux.
C’était mon présent d'instants futurs,
Un instant de moi pour toi,
Un instant de toi en moi,
Fugitive communion de l’âme.
Je sais, je délire ce n’est rien, mais
…Chuuuut !!....un instant j’ai cru, j’ai espéré,
Espéré qu’enfin tu comprendrais,
Que je ne peux faire autrement,
…Autrement que de t’aimer...mais chuuut, ne dis rien...
Didier.

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Huit heures vingt
Quel drôle de matin, la lumière, puis plus rien. Un avion dans le ciel, le silence presque irréel.
Aujourd'hui j'avais faim, comme tant d'autres matins. La guerre ça fait souffrir, dit Papa sans un sourire.
Il est parti très tot, il travaille au dépot. Il revient à midi, avec du riz, c'est promis.
Je suis sorti jouer, avec mon frère ainé. L'avion gris est passé, et tout s'est arrété.
Plus de terre, de ciel, le silence éternel. Papa, maman sont là, nous sommes Hiroshima.
Quel drôle de matin, la douleur, puis plus rien. Il est huit heures vingt, je n'ai plus mal...enfin.
Didier.

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Lune
On a marché sur la lune,
Il y a déjà quelques années.
Un Neil Armstrong aux
pieds d'enclume,
Filmé pour la postérité.
La belle affaire en vérité !
Ces quelques pas encapsulés
Et ce drapeau vite planté,
Comme un droit de propriété.
Lune gibbeuse ou bien quartier,
C’est sur ton corps qu'on a laissé
La triste empreinte de nos souliers,
Au bord de ta mer tranquillité.
Venus de terre en Apollo,
Pour ériger un vain flambeau.
Dans tes cratères pas trouvé d'eau,
Seulement des pierres sur ton dos.
On a marché sur la lune,
Le poète hurle son infortune,
Toi ma lune qu’on importune,
Toi que tendrement le soir j’allume.
Les hommes sont donc tous fous,
Qu’ils vendent pour quelques sous,
Le seul amour du loup garou,
Le témoin des heures indoues.
Que reste t il aux amoureux
Pour éclairer leurs doux aveux ?
Que reste t il aux malchanceux
Si le bel astre n’est plus à eux ?
Laissez la lune aux lunatiques,
Aux amoureux, aux extatiques,
Laissez la lune aux romantiques,
Laissez la lune elle est magique.
Laissez la lune c’est ma prière,
Nous ne sommes rien moins qu’éphémère,
Ici bas comme la poussière,
Laissez la lune, gardez la terre.
Didier.

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LE CACHALOT
Dans l’azur liquide,
D’une mer placide,
Un grand cachalot,
Pense tout haut.
Il laisse dériver,
Son corps démesuré,
L’esprit en exil,
A quoi pense t il ?
Il pense à l’océan,
A l’air dans son évent,
A la douceur de l’eau,
Sur sa rugueuse peau.
Il pense qu’il est,
La vie en entier,
Il chante le mystère,
D’être né mammifère.
Il est lui, il est l’autre,
Qui contre lui se
frotte,
Il est le sel, il est le vent,
Il est bien plus évidemment,
Il est seul, cherche encore,
Toujours le même effort,
Trouver enfin le sens,
S’éblouir de l’évidence.
Il est moi parfois,
Comme un instant d’émoi,
Je suis lui aussi,
Si grand et si petit.
Créature modeste,
Sous la voute céleste,
Il porte en son cœur,
Mon humaine douceur.
Et je chante tristement
Sous le bleu firmament,
Mon Ame grégaire,
A perdu un frère.
Didier.

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Et maintenant.
Et maintenant, je veux te voir rire,
Et s’apaiser tes yeux
rougis,
Ce qu’on vient de vivre était le pire,
Mais ton soleil sèche ma pluie.
Je veux croquer nos jours heureux,
A l’aquarelle ou au pastel,
Nous, sur le banc des
amoureux,
Quelque part derrière l’arc en ciel.
Regarde bien comme je
t’aime,
Je suis allé au pied du chêne,
Et par la magie des poèmes,
Effacé douleurs et peines.
Puis j’ai gravé à l’opinel,
Dans l’écorce du centenaire,
Ces mots simples et essentiels,
C’est l’amour qui nous éclaire.
Prends ma main si tu veux bien,
Si tu pardonnes tous mes cris,
Prends ma main et tiens la bien,
Ce n’était rien, rien qu’un oubli.
Didier.

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IL EST DES BLESSURES
...
Il est des blessures dont on ne parle pas,
Soit qu'on ne veut, soit qu'on ne peut pas.
De ces plaies profondes et viciées,
D'ou coule un pus noir et suret.
Elles surviennent par un doux matin,
Un oiseau chante et puis plus rien,
Quelques mots intimes sur un e mail,
Vous perce le coeur comme un shrapnel.
Alors vous regardez la beante crevasse,
Tentant d'éteindre la douleur qui terrasse.
Sans vous rendre compte pauvre fou,
Que votre âme s'échappe par mille trous.
L'arme utilisée est bien affutée,
C'est l'amour, le plus doux le plus leger,
Qu'on vous arrache si violemment,
Offrande a l'ombre d'un amant.
Vous restez a genoux, l'âme incendiée,
Le souffle court, le coeur crevé,
Dans un ultime effort, un dernier mot,
Piètre prière à son bourreau....
....Je t'aime.......
-Didier-

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