Jazz
Un air de jazz déambule,
Comme un triste noctambule.
Au fond de mon verre,
Pétillent encore quelques bulles.
Il faut que je quitte ce bar,
Ou le piano joue bien trop tard.
Je demande un dernier verre,
A un serveur dans le miroir.
Dehors la rue m’attend,
Humide et froide en arrière plan.
Les lampadaires jouent sur mes verres,
Eclaboussant de mille diamants.
Tiens, je crois bien
qu’il pleut,
Des gouttes tombent
du haut des cieux.
D’un geste rageur j’essuie mes verres,
Le long de mes joues coulent mes yeux.
Un air de jazz qui se traine,
Comme une musique cubaine,
Je voudrais boire encore un verre,
Y noyer illico l’atroce
migraine.
Tourne la clé, pousse la porte,
Les pièces vides vont en cohortes.
Sur la table basse traine un verre,
A coté dort un mot en
feuille morte.
L’écriture y est fine
et si légère,
C’est la tienne mon intime étrangère.
Dans le reflet clinquant du verre,
Brille ta colère, ciel à l’envers.
Je ne lis que quelques mots,
Les derniers, oui c’est idiot.
Puis vide le fond de verre,
Quitte la pièce, puis
le studio.
La gare, le train puis le wagon,
A ton départ, des tas de raisons,
Dans ma poche non pas de verre,
Mais tes mots en
confession.
Didier.
